Thursday, October 11, 2012
Sunday, September 2, 2012
Un an après l’accession de Ouattara au pouvoir, le pays reste divisé et n’arrive pas à sortir de la crise sociale et du tribalisme.
Un an après l’accession de Ouattara au pouvoir, le pays reste divisé et n’arrive pas à sortir de la crise sociale et du tribalisme.
Par FANNY PIGEAUD Correspondante à Abidjan
http://www.Liberation.fr
Drôle d’ambiance à Abidjan : un an après la chute de Laurent Gbagbo et l’investiture d’Alassane Ouattara à la présidence, le 21 mai 2011, les Ivoiriens attendent toujours une reprise économique qui ne vient pas. Le Fonds monétaire international (FMI) table pourtant sur un taux de croissance de 8% pour l’année en cours. Et de nombreux potentiels investisseurs étrangers se pressent à Abidjan. Mais, pour l’instant, rien de bien concret à la clé. «L’activité ne décolle pas, l’argent ne circule pas. On n’arrive pas à se faire payer par nos clients, les chantiers sont à l’arrêt, regrette le gérant d’une PME installée dans le quartier des affaires du Plateau. Si ça continue, on va être obligé de mettre des employés au chômage technique.»
Pendant ce temps, les prix augmentent malgré des mesures gouvernementales «contre la vie chère». «C’est normal que les gens se plaignent. Le pays revient de loin», explique Joël N’Guessan, responsable du Rassemblement des républicains (RDR, le parti au pouvoir). «L’essentiel de l’effort a été jusqu’ici porté sur ce qui avait été détruit avant et pendant la crise postélectorale, notamment les routes. Le président doit bientôt lancer de grands chantiers pourvoyeurs d’emplois. A partir de septembre, les Ivoiriens devraient sentir que les choses s’améliorent», promet-il.
Trafic de cacao. D’autres éléments pourraient expliquer la situation, comme la piètre qualité de la gouvernance dans les administrations. «Les modalités de recrutement et de promotion des fonctionnaires n’ont pas changé, souligne Patrick N’Gouan, président de la Convention de la société civile ivoirienne. Ce n’est pas la compétence qui joue, mais toujours le tribalisme et le népotisme.» Cela commence à la présidence : plusieurs membres de la famille de Ouattara sont devenus ses conseillers, un de ses frères est ministre chargé des Affaires présidentielles. Le niveau de la corruption reste en outre élevé, d’importants trafics, notamment de cacao, perdurent.
Le système d’imposition illégal, institué par la rébellion des Forces nouvelles (FN) dans le nord de la Côte-d’Ivoire entre 2002 et 2011, «loin d’avoir disparu, s’est au contraire étendu au sud du pays», s’alarme un récent rapport de l’ONU. Plusieurs ministres, qui figuraient déjà dans les gouvernements d’union nationale imposés à Laurent Gbagbo par les accords de paix passés avec les FN, ont mauvaise réputation. «On pensait que Ouattara les écarterait après les législatives [de décembre 2011, ndlr], mais ça n’a pas été le cas», explique un diplomate. Le 22 mai, le Président a tout de même limogé un ministre, après que des médias eurent révélé l’existence d’une enquête policière : Adama Bictogo, également député du RDR, est ainsi soupçonné d’avoir détourné, avec d’autres et avant qu’il ne soit ministre, une partie des indemnités destinées aux victimes de la société Trafigura, qui avait déversé en 2006 des déchets toxiques à Abidjan.
«Climat de terreur». Par ailleurs, même si elle s’est considérablement améliorée en un an, la situation sécuritaire n’est pas non plus encore de nature à rassurer les milieux économiques. Des rumeurs circulent évoquant des tentatives de «déstabilisation» par des officiers en exil dans les pays voisins, où ils sont plusieurs centaines. L’ONU vient d’intensifier ses patrouilles à certaines frontières, comme mesure de «dissuasion».
A l’intérieur du pays comme dans la capitale Abidjan, les braquages sont nombreux. La plupart sont commis par des ex-combattants qui ont aidé Ouattara à s’installer au pouvoir, mais n’ont pas été intégrés au sein des Forces républicaines de Côte-d’Ivoire (FRCI), la nouvelle armée. Pour ces hommes, «leur arme est un moyen d’assurer leur survie alimentaire», commente N’Guessan, précisant que la question de leur démobilisation préoccupe les autorités. Quant à la police et à la gendarmerie, elles ne peuvent jouer leur rôle : soupçonnées d’être pro-Gbagbo, ces forces ne sont pas armées. Les FRCI elles-mêmes n’ont la confiance de personne, pas même du Président, dont la sécurité est assurée par des militaires burkinabés et par les forces de l’ONU.
D’après une source onusienne, les FRCI, essentiellement commandées par des éléments issus des FN, entretiennent «un climat de terreur» à l’ouest et au sud du pays. Dans ces régions réputées favorables à l’ancien président Laurent Gbagbo, sévissent aussi partout des «milices» de dozos, des chasseurs traditionnels venus du nord du pays et proches du pouvoir. Depuis début mai, les FRCI effectuent «des rafles dans différents quartiers d’Abidjan. Pourquoi, on ne sait pas bien. Les gens sont amenés dans des camps [des FRCI, ndlr]. Ils peuvent y rester plus de soixante-douze heures sans raison», s’inquiète Kouamé Adjoumani Pierre, vice-président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme.
Ces opérations sont-elles destinées, comme le pensent des observateurs, à prévenir des manifestations de soutien à Gbagbo à l’approche de son audition, prévue le 18 juin devant la Cour pénale internationale à La Haye, où il est en détention depuis novembre 2011 ? En tout cas, elles ne contribuent pas à la «réconciliation nationale», prônée par les autorités et nécessaire pour une reprise économique, mais «à laquelle personne ne croit», selon une source diplomatique.
La justice, par exemple, donne toujours l’impression d’être partiale : une cinquantaine de membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, et une centaine de militaires arrêtés en même temps que l’ex-président, sont incarcérés, en attente de jugement depuis avril 2011. Mais aucun de ceux qui, dans le camp d’Alassane Ouattara, sont soupçonnés d’avoir commis des crimes contre l’humanité lors de la crise, n’a été inquiété. «Ça va arriver, tempère N’Guessan. Pour mener des enquêtes sérieuses, il faut du temps.»
Par FANNY PIGEAUD Correspondante à Abidjan
http://www.Liberation.fr
Drôle d’ambiance à Abidjan : un an après la chute de Laurent Gbagbo et l’investiture d’Alassane Ouattara à la présidence, le 21 mai 2011, les Ivoiriens attendent toujours une reprise économique qui ne vient pas. Le Fonds monétaire international (FMI) table pourtant sur un taux de croissance de 8% pour l’année en cours. Et de nombreux potentiels investisseurs étrangers se pressent à Abidjan. Mais, pour l’instant, rien de bien concret à la clé. «L’activité ne décolle pas, l’argent ne circule pas. On n’arrive pas à se faire payer par nos clients, les chantiers sont à l’arrêt, regrette le gérant d’une PME installée dans le quartier des affaires du Plateau. Si ça continue, on va être obligé de mettre des employés au chômage technique.»
Pendant ce temps, les prix augmentent malgré des mesures gouvernementales «contre la vie chère». «C’est normal que les gens se plaignent. Le pays revient de loin», explique Joël N’Guessan, responsable du Rassemblement des républicains (RDR, le parti au pouvoir). «L’essentiel de l’effort a été jusqu’ici porté sur ce qui avait été détruit avant et pendant la crise postélectorale, notamment les routes. Le président doit bientôt lancer de grands chantiers pourvoyeurs d’emplois. A partir de septembre, les Ivoiriens devraient sentir que les choses s’améliorent», promet-il.
Trafic de cacao. D’autres éléments pourraient expliquer la situation, comme la piètre qualité de la gouvernance dans les administrations. «Les modalités de recrutement et de promotion des fonctionnaires n’ont pas changé, souligne Patrick N’Gouan, président de la Convention de la société civile ivoirienne. Ce n’est pas la compétence qui joue, mais toujours le tribalisme et le népotisme.» Cela commence à la présidence : plusieurs membres de la famille de Ouattara sont devenus ses conseillers, un de ses frères est ministre chargé des Affaires présidentielles. Le niveau de la corruption reste en outre élevé, d’importants trafics, notamment de cacao, perdurent.
Le système d’imposition illégal, institué par la rébellion des Forces nouvelles (FN) dans le nord de la Côte-d’Ivoire entre 2002 et 2011, «loin d’avoir disparu, s’est au contraire étendu au sud du pays», s’alarme un récent rapport de l’ONU. Plusieurs ministres, qui figuraient déjà dans les gouvernements d’union nationale imposés à Laurent Gbagbo par les accords de paix passés avec les FN, ont mauvaise réputation. «On pensait que Ouattara les écarterait après les législatives [de décembre 2011, ndlr], mais ça n’a pas été le cas», explique un diplomate. Le 22 mai, le Président a tout de même limogé un ministre, après que des médias eurent révélé l’existence d’une enquête policière : Adama Bictogo, également député du RDR, est ainsi soupçonné d’avoir détourné, avec d’autres et avant qu’il ne soit ministre, une partie des indemnités destinées aux victimes de la société Trafigura, qui avait déversé en 2006 des déchets toxiques à Abidjan.
«Climat de terreur». Par ailleurs, même si elle s’est considérablement améliorée en un an, la situation sécuritaire n’est pas non plus encore de nature à rassurer les milieux économiques. Des rumeurs circulent évoquant des tentatives de «déstabilisation» par des officiers en exil dans les pays voisins, où ils sont plusieurs centaines. L’ONU vient d’intensifier ses patrouilles à certaines frontières, comme mesure de «dissuasion».
A l’intérieur du pays comme dans la capitale Abidjan, les braquages sont nombreux. La plupart sont commis par des ex-combattants qui ont aidé Ouattara à s’installer au pouvoir, mais n’ont pas été intégrés au sein des Forces républicaines de Côte-d’Ivoire (FRCI), la nouvelle armée. Pour ces hommes, «leur arme est un moyen d’assurer leur survie alimentaire», commente N’Guessan, précisant que la question de leur démobilisation préoccupe les autorités. Quant à la police et à la gendarmerie, elles ne peuvent jouer leur rôle : soupçonnées d’être pro-Gbagbo, ces forces ne sont pas armées. Les FRCI elles-mêmes n’ont la confiance de personne, pas même du Président, dont la sécurité est assurée par des militaires burkinabés et par les forces de l’ONU.
D’après une source onusienne, les FRCI, essentiellement commandées par des éléments issus des FN, entretiennent «un climat de terreur» à l’ouest et au sud du pays. Dans ces régions réputées favorables à l’ancien président Laurent Gbagbo, sévissent aussi partout des «milices» de dozos, des chasseurs traditionnels venus du nord du pays et proches du pouvoir. Depuis début mai, les FRCI effectuent «des rafles dans différents quartiers d’Abidjan. Pourquoi, on ne sait pas bien. Les gens sont amenés dans des camps [des FRCI, ndlr]. Ils peuvent y rester plus de soixante-douze heures sans raison», s’inquiète Kouamé Adjoumani Pierre, vice-président de la Ligue ivoirienne des droits de l’homme.
Ces opérations sont-elles destinées, comme le pensent des observateurs, à prévenir des manifestations de soutien à Gbagbo à l’approche de son audition, prévue le 18 juin devant la Cour pénale internationale à La Haye, où il est en détention depuis novembre 2011 ? En tout cas, elles ne contribuent pas à la «réconciliation nationale», prônée par les autorités et nécessaire pour une reprise économique, mais «à laquelle personne ne croit», selon une source diplomatique.
La justice, par exemple, donne toujours l’impression d’être partiale : une cinquantaine de membres du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Gbagbo, et une centaine de militaires arrêtés en même temps que l’ex-président, sont incarcérés, en attente de jugement depuis avril 2011. Mais aucun de ceux qui, dans le camp d’Alassane Ouattara, sont soupçonnés d’avoir commis des crimes contre l’humanité lors de la crise, n’a été inquiété. «Ça va arriver, tempère N’Guessan. Pour mener des enquêtes sérieuses, il faut du temps.»
Friday, August 31, 2012
« Un territoire hors de contrôle. Guerre pour le cacao dans l’ouest ivoirien »
« Un territoire hors de contrôle. Guerre pour le cacao dans l’ouest ivoirien », selon Le Monde diplomatique. La terreur des FRCI et la colonisation de l’ouest par des envahisseurs burkinabés dénoncées.
CIVOX. NET | Vendredi 31 Août 2012
A Abidjan, les exactions contre les partisans de l’ancien président Laurent Gbagbo se sont multipliées cet été. Si M. Alassane Ouattara a finalement pris le pouvoir, en mars 2011, après une crise postélectorale meurtrière, la réconciliation est encore loin. Dans l’ouest du pays, l’Etat ne contrôle plus rien ; des mafias ont mis la main sur l’économie du cacao.
UN VÉHICULE calciné et criblé de balles : c’est tout ce qu’il reste de l’attaque qui, le 8 juin 2012, a coûté la vie à sept casques bleus près de Taï, petite bourgade de l’ouest de la Côte d’Ivoire. Dans cette région, depuis plus d’un an, les villages font l’objet de mystérieux raids meurtriers. Yamoussoukro (1) a accusé des «mercenaires libériens».
Partisans de l’ex-président Laurent Gbagbo et opposés à son successeur
Alassane Ouattara, ces hommes traverseraient le fleuve Cavally, qui marque la frontière avec le Liberia,
pour venir semer la terreur en Côte d’Ivoire. Mais, sur le terrain, la
situation ne paraît pas aussi claire : depuis la crise qui a suivi
l’élection présidentielle de 2010 (2), dans l’ouest du pays se joue un
inquiétant imbroglio politique et militaire, avec pour seul enjeu le contrôle des ressources naturelles.
Ce sont en effet ses sols,
extrêmement fertiles, qui font la richesse de cette région verdoyante.
On y cultive le cacao, dont la Côte d’Ivoire est le premier exportateur
mondial. S’y étendent également les dernières aires forestières
nationales, dont les forêts de Goin-Débé (133 000 hectares) et de Cavally (62 000 hectares), réservées à la production de bois d’oeuvre (3). Depuis toujours, ces atouts ont attiré des planteurs d’un peu partout, y compris d’Etats voisins. Ce mouvement avait été encouragé par le président Félix Houphouët-Boigny (au pouvoir de 1960 à 1993), qui avait décrété que « la terre appartient à celui qui la met en valeur ». Si la région est aujourd’hui l’un des principaux centres de production de cacao,
on y plante aussi des hévéas, qui hissent le pays au rang de premier
producteur africain de caoutchouc. «Cinq hectares d’hévéas rapportent de
7 à 8 millions de francs CFA [environ 12000 euros] par mois », calcule un sous-préfet.
Une petite fortune.
Les problèmes ont commencé au milieu des années 1980, lorsque les cours mondiaux du cacao et du café ont chuté. La concurrence entre planteurs s’accroissant, des conflits fonciers ont alors éclaté entre les autochtones, devenus minoritaires, et les étrangers. La politique de l’« ivoirité » promue par le président Henri Konan Bédié (1993-1999) a encore envenimé les relations en poussant les nationaux à revendiquer les terres cédées aux nouveaux arrivants. Une loi de 1998 a explicitement exclu les non-Ivoiriens de la propriété foncière.
Des hommes armés s’emparent d’un parc national
La tentative de coup d’Etat perpétrée le 19 septembre 2002 contre le président Gbagbo par des militaires du nord du pays partisans de
M. Ouattara a achevé de mettre le feu aux poudres. La guerre civile
qu’elle a déclenchée a touché tout particulièrement l’Ouest et la ville
de Duékoué. Située à une centaine de kilomètres au nord de Taï, Duékoué
se trouve au croisement stratégique des routes menant au Liberia, en Guinée et à San Pedro, port d’exportation du cacao. Les rebelles, baptisés Forces nouvelles, y ont fait venir d’anciens combattants des guerres civiles libérienne (1989-1997) et sierra-léonaise (1991-2002), dont Sam Bockarie, responsable
d’atrocités en Sierra Leone. En retour, Yamoussoukro a aussi mobilisé
des Libériens et armé des civils, pour la plupart autochtones. Chaque
camp a semé la terreur, contribuant à exacerber les antagonismes
communautaires.
A l’issue du conflit, le pays s’est
trouvé de facto divisé en deux et Duékoué placée sur la ligne séparant
le Sud, administré par la capitale, et le Nord, géré par les Forces
nouvelles. La région du Moyen-Cavally (devenue depuis deux entités
différentes, le Cavally et le Guémon), dont dépendaient Taï et Duékoué,
est restée dans le camp gouvernemental. Mais les armes ont continué à
circuler pendant toutes les années 2000, et des milices et groupes
d’autodéfense plus ou moins soutenus par le camp Gbagbo se sont
maintenus face aux rebelles, si bien que les tensions sont demeurées
fortes, la présence de l’Etat étant en outre très limitée. Après la
signature de l’accord de paix (4), le 26 janvier 2003, d’ex-combattants
rebelles profitent de l’accalmie pour s’emparer de portions de
territoire: M. Amadé Ouérémi, un Burkinabé ayant grandi en Côte
d’Ivoire, s’installe ainsi avec plusieurs dizaines – voire plusieurs
centaines – d’hommes armés dans le parc national du Mont Péko, à trente
cinq kilomètres au nord de Duékoué. Ils y cultivent notamment du cacao.
Impossible de les déloger : en 2010, ils chassent même des agents de
l’Office ivoirien des parcs et réserves et incendient leur véhicule. Un
autre phénomène déstabilisateur apparaît en 2007 : l’arrivée, par cars
entiers, de Burkinabés. En toute illégalité, beaucoup s’établissent dans
la forêt de Goin-Débé, où ils développent des plantations de cacao.
Dans le même temps, de nombreux déplacés de la guerre ne parviennent pas
à récupérer leurs champs.
Quand la crise postélectorale
opposant MM. Ouattara et Gbagbo se transforme en conflit armé, en mars
2011, Duékoué souffre comme jamais. Lors de la prise de la ville par
l’armée créée par M. Ouattara, les Forces républicaines de Côte d’Ivoire
(FRCI, composées principalement des ex-Forces nouvelles), des centaines
de personnes – la Croix-Rouge a compté huit cent soixante-sept corps –,
essentiellement de jeunes hommes, ont été assassinées. Selon une
commission d’enquête internationale et des associations, ce sont des
soldats des FRCI qui ont commis ces crimes, ainsi que des Dozos, une
confrérie de chasseurs traditionnels traditionnels du nord du pays, et
des partisans de M. Ouérémi. Malgré les promesses de justice du
président Ouattara, qui prend finalement le pouvoir le 11 avril 2011,
cette tuerie n’a donné lieu à aucune enquête.
Depuis, la
situation s’est encore compliquée, avec l’entrée en scène de nouveaux
acteurs. D’abord, des hommes armés attaquent, à partir de juillet 2011,
une petite dizaine de villages. C’est à leur propos que les autorités
parlent de «mercenaires libériens » payés par des opposants à M.
Ouattara en exil au Ghana. Des sources onusiennes évoquent plutôt des
autochtones réfugiés au Liberia et cherchant à défendre les terres
qu’ils ont perdues. Ensuite viennent les Dozos : arrivés dans la région
pendant la crise, ils n’en sont jamais repartis. De plus en plus
nombreux, ils circulent à moto, en habits traditionnels, agrippés à leur
fusil «calibre 12». Beaucoup viennent du Burkina Faso et du Mali.
Certains sont devenus agriculteurs. L’inverse est aussi possible : il y a
un an, un planteur burkinabé installé près de Taï depuis une trentaine
d’années a rassemblé un groupe de Dozos pour « assurer la sécurité des
populations », dit-il. En réalité, beaucoup de Dozos, devenus miliciens,
terrorisent la population et la rackettent. Les villages ont perdu tous
leurs habitants autochtones.
Les villages ont perdu tous leurs habitants Autochtones
A
cela s’ajoute l’immigration burkinabé, d’une ampleur sans précédent.
Huit cars transportant chacun environ deux cents personnes arrivent
désormais chaque semaine à Zagné, à cinquante kilomètres au nord de Taï.
Une partie de ces voyageurs s’entassent aussitôt dans des camions de
chantier qui prennent la direction du sud-ouest.
Leur
installation se trouve facilitée par l’absence d’une grande partie de la
population autochtone – au moins soixante-dix mille personnes –
réfugiée au Liberia. Les treize villages implantés au sud de Taï ont
ainsi perdu tous leurs habitants autochtones. sauf un : fin juin, à
Tiélé-Oula, il restait neuf Oubis sur les quelque deux cents qui y
vivaient avant 2011, pour trois mille Burkinabés. Si certains Burkinabés
investissent les champs des absents, beaucoup gagnent les forêts de
Goin-ébé et de Cavally, désormais totalement ravagées.
Dormant
sous tente, ils y plantent des cacaoyers, des hévéas, mais aussi du
cannabis. A Yamoussoukro et à Abidjan, la situation est connue : fin
mai, le gouvernement a ordonné l’évacuation des forêts avant le 30 juin.
Sans résultat. «L’Etat doit contrôler les frontières, assène le maire
adjoint de Taï, M. Téré Tehe. Et il ne faut pas attendre que ces gens
aient fini de planter pour les chasser.»
Problème : les
nouveaux occupants sont armés. Observant un jeune paysan burkinabé
partir aux champs un fusil en bandoulière, le chef autochtone du village
de Tiélé-Oula, M. Jean Gnonsoa, ne cache pas son désarroi : « Ici, les
étrangers peuvent avoir des armes, mais pas les autochtones » – sous
peine de représailles. «Comment régler sereinement un litige foncier
face à quelqu’un qui est armé ? », s’interroge M. Tehe. «Les Burkinabés
nous disent que le président qui est venu [M. Ouattara, qui a des
origines burkinabés est leur homme, et qu’ils ont donc le droit de tout
faire », déplorent des villageois. De fait, certains s’emparent de
plantations déjà occupées.
«Aujourd’hui, 80% de ceux qui
sont installés dans les forêts de Goin-Débé et de Cavally sont armés de
kalachnikovs et de fusils calibre 12 », rapporte un administrateur
local. Il évoque une organisation mafieuse à l’origine de cette
colonisation : « Il y a ceux qui les convoient, ceux qui établissent
dans les forêts les points de contrôle auxquels chacun doit payer 25 000
francs CFA pour avoir accès à une parcelle de terre, etc. » M. Ouérémi
est régulièrement cité comme l’un des responsables présumés de ce trafic
de terres et de personnes, en lien avec des officiers des FRCI.
Dans
le pays, les FRCI, justement, sont les seules forces régulières à
disposer d’armes depuis que, soupçonnées d’être favorables à M. Gbagbo,
police et gendarmerie en sont privées. Jouissant d’une impunité quasi
totale, elles font la loi. A Duékoué, elles entretiennent un climat de
terreur et sont, d’après plusieurs témoins, impliquées dans des
exécutions extrajudiciaires. Des observateurs les accusent aussi d’être
derrière certaines des attaques attribuées aux «mercenaires libériens
».Beaucoup soupçonnent leurs membres d’être originaires d’une seule
région, le Nord, mais aussi d’être de nationalité burkinabé.
Impôts illégaux et racket des paysans
Une
chose est certaine : les FRCI se sont arrogé le droit de percevoir les
taxes qui devraient normalement revenir à l’Etat. Selon un rapport de
l’ONU, elles prélèvent aussi «de 4 à 60 dollars, voire beaucoup plus »,
sur les déplacements de personnes et de véhicules (5). Et elles
rackettent les paysans : dans un village près de Taï, une femme se
plaint de devoir leur payer 20 000 francs CFA (30 euros) par mois pour
accéder à sa plantation.
Après la mort des casques bleus,
plusieurs centaines d’éléments FRCI ont été déployés autour de Taï pour
une opération de « sécurisation » dirigée par le commandant Losséni
Fofana, alias « Loss ».
Ancien chef de guerre des Forces
nouvelles, ce dernier commandait déjà les troupes qui ont attaqué
Duékoué en 2011. Ses soldats auraient joué un rôle important dans le
massacre des Guérés (6). Pour l’actuelle opération de « sécurisation »,
il a fait installer de nombreux points de contrôle. Les mauvaises
langues assurent qu’ainsi pas un seul sac de cacao n’échappera au racket
des FRCI. Et peut-être aussi à la contrebande vers le Ghana (7).
Début
juillet, le gouvernement a annoncé le lancement d’un recensement
national des ex combattants – le deuxième en un an –, promettant le
désarmement tant attendu. Cela ne suffit pas à rassurer les habitants du
Far West ivoirien, dont beaucoup voudraient aussi que la justice
fonctionne : malgré les promesses du président Ouattara, la tuerie de
mars 2011 n’a donné lieu à aucune poursuite judiciaire. Pis, elle a
vraisemblablement été le moteur d’un nouveau drame, le 20 juillet : des
centaines d’individus, parmi lesquels des Dozos et des FRCI, ont attaqué
et détruit un camp de déplacés du Haut-Commissariat des Nations unies
pour les réfugiés (HCR), près de Duékoué. En toute impunité. Des sources
humanitaires parlent de cent trente-sept cadavres retrouvés dans les
jours qui ont suivi ; des Dozos ont également cherché à faire
disparaître de nombreux corps. Plusieurs indices laissent penser que
cette attaque avait été planifiée de longue date. Sous couvert
d’anonymat, un spécialiste de la région nous confie : «Le camp était
gênant, car des témoins du massacre de mars 2011 s’y trouvaient.
Aujourd’hui, ils sont morts ou dispersés. C’est ce que voulaient ceux
qui ont organisé l’opération. »
P A R N O T R E E N V O Y É E S P É C I A L E
F A N N Y P I G E A U D *
(1) Yamoussoukro est la capitale politique de la Côte d’Ivoire ;
Abidjan, sa capitale économique.
(2) Lire Vladimir Cagnolari, «Côte d’Ivoire, les héritiers maudits
de Félix Houphouët-Boigny», Le Monde diplomatique, janvier 2011.
(3) Bois destiné à être travaillé.
(4) L’accord de Marcoussis (près de Paris) prévoyait le maintien
au pouvoir du président Gbagbo et un gouvernement ouvert à toutes
les parties.
(5) Rapport S/2012/196 du Groupe des experts sur la Côte d’Ivoire
de l’ONU, avril 2012.
(6) Rapport de Human Rights Watch, « “Ils les ont tués comme
si de rien n’était” », octobre 2011.
(7) Rapport S/2012/196, op. cit.
Source: Le Monde diplomatique de septembre 2012
Thursday, August 30, 2012
Conférence de presse du FPI, du 30 août 2012
30.08.2012
Conférence de presse du FPI, du 30 août 2012, déclaration liminaire
Déclaration liminaire du Président MIAKA Ouretto
(lue par Pr Gnaoulé Oupoh, 3ème SGA du FPI)
Thème :
"La réponse du FPI face aux enlèvements et incarcérations des membres de sa Direction et des Structures de base"
Mesdames et Messieurs les journalistes,
Alors que le samedi 18 août 2012, le siège du FPI a été pillé et le Dr. Douati Alphonse a été interpellé par les FRCI et incarcéré aussitôt à la MACA, voici que une semaine plus tard, soit le dimanche 26 août, le Secrétaire Général et Porte-parole du FPI, notre camarade Laurent Akoun a subi le même sort entre Adzopé et Akoupé où il effectuait une mission.
Où sommes-nous ? Où allons-nous ? Que faire ? Ces trois questions appellent de notre part, trois réponses.
I- Le contexte politique
II- Ce qui se passe dépasse l’entendement
III- Que faire pour enrayer la dictature RDR ?
I- Le contexte politique
Après la prise du pouvoir de M. Ouattara, le FPI s’est inscrit dans la voie d’une opposition responsable et républicaine. C’est dans cette perspective que le FPI prend des positions claires et argumentées sur la situation sociopolitique du pays, ce qui n’est pas du goût du parti au pouvoir. C’est pourquoi, le FPI est entré dans l’œil du cyclone RDR.
Depuis, le FPI est quasiment interdit d’activités sous peine de livrer ses militants et dirigeants à une mort certaine. Ses meetings sont réprimés dans le sang. Le président Alassane Ouattara, ne décolère pas, en raison de ce qu’il appelle "l’arrogance de ses dirigeants". Plus de 16 mois de gouvernance dans la haine, l’intolérance, sans dialogue. Pas le moindre véritable signe d’apaisement de sa part.
Bien au contraire les récentes attaques de camps militaires (Akouedo, Abengourou, du 04 au 06 août 2012), et postes tenus par les FRCI par des individus encagoulés, va servir de prétexte à une escalade de violences, enlèvements et emprisonnements des dirigeants du FPI de la base au sommet.
Les agressions commises contre les positions des FRCI et dont certaines se sont soldées par des morts, ont ipso facto été attribuées au Front Populaire Ivoirien, le jour même de leur déroulement sans enquête, et sans l’ombre d’une preuve.
« ce sont des miliciens pro Gbagbo appuyés de certains éléments des ex FDS qui sont réfugiés au Ghana » a d’emblée affirmé, l’un des Sécurocrates du régime, le ministre d’Etat, Ahmed Bakayoko.
Mais, la question qu’il aurait fallu poser sereinement, en prenant en compte tous les paramètres de la situation politique actuelle et non regarder précipitamment dans une seule direction, est de savoir à qui profitent les crimes ?
Le Front Populaire Ivoirien, principal parti d’opposition qui a perdu le pouvoir et qui ne cache pas sa volonté de le reconquérir, est à priori le bouc émissaire idéal. Mais il faut bien se demander si le FPI a intérêt à perpétrer ces agressions dans le contexte actuel ? Et à qui peuvent véritablement profiter ces crimes ?
A qui profitent ces crimes ?
Pour répondre à cette question il est bon de rappeler les évènements qui se sont déroulés ces trois derniers mois, juin, juillet, août. Le contexte politique est focalisé sur l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo en détention à la Haye. Cette audience était fixée au 18 juin. Les regards et l’attention politique sont rivés vers la CPI. Les militants et dirigeants du FPI sont concentrés sur ce dossier pour donner toutes les chances à la libération de leur leader.
Il va se trouver que du 02 au 08 juin 2012 soit deux semaines avant cette audience, capitale pour le FPI et qui n’a donc aucun intérêt à faire accréditer par l’opinion internationale, l’image de violence dont la CPI affuble le président Gbagbo, trois évènements vont se produire pour secouer le marigot politique ivoirien, brouiller les cartes et incriminer le FPI.
1- Le samedi 02 juin 2012, l’ex procureur de la CPI, Ocampo arrive en Côte d’Ivoire. Sommé par les instances supérieures qui actionnent la CPI, Ocampo après sa récente lettre de félicitation au chef de la rébellion Soro Guillaume, s’est vu obligé d’auditionner son "ami" pendant deux heures sur les crimes commis de 2002 à 2011, par les Forces Armées des forces Nouvelles (FAFN). Cela parce que la juge Fernandez De Gurmendi de la CPI aurait donné un avis dissident et menacé de démissionner si le procureur s’obstinait à enquêter uniquement sur les crimes commis par le seul camp Gbagbo.
Cet interrogatoire n’a pas été comme on peut s’en douter, du goût de M. Guillaume Soro qui n’entend pas faire seul les frais de la rébellion sans ses commanditaires. De ce fait il se tient depuis sur ses gardes ; lui et ses com-zones qui, s’ils devraient être transférés à la Haye, vendraient chers leurs peaux. Il y avait comme une situation délétère dans l’air, faite de tension entre les deux clans alliés d’hier, Soro et Ouattara. Le second nommé ayant lui-même déjà pris en charge, par précaution, le portefeuille de la défense.
2- C’est dans ce climat tendu que s’opèrent à Lomé l’arrestation le 05 juin et l’extradition du ministre Lida Kouassi Moïse accusé d’avoir fomenté un coup d’Etat. Le FPI est aussitôt voué aux gémonies.
3- Le 08 juin dans la foulée sept (07) casques bleus de l’ONUCI trouvent la mort dans une embuscade à l’ouest. C’est encore le FPI que le pouvoir a accusé d’avoir commis ces crimes par ses prétendus milices.
Le Front Populaire Ivoirien avait-il intérêt à poser de tels actes ? Dans quel but ? Surtout la veille de l’audience du Président Gbagbo, pour l’accabler davantage, voir les charges contre lui confirmées et le maintenir dans les liens de la détention ? La réponse à cette question est assurément NON. A qui profitent donc ces crimes ?
Au cours de la conférence de presse organisée pour se prononcer sur cette sombre affaire qui pue manifestement la manipulation, le FPI on s’en souvient, avait déclaré ce qui suit le 15 juin 2012, à propos du prétendu coup d’Etat déjoué.
Après la dernière visite controversée du procureur Ocampo qui a révélé ses accointances avec le pouvoir et face à la quasi certitude grandissante conduisant à la très probable libération de Laurent Gbagbo en raison de la faiblesse des preuves contre lui, M. Alassane Ouattara sentant l’étau se resserrer autour de lui a décidé de monter au créneau.
Objectif :
1° charger à fond Laurent Gbagbo la veille de son procès en le faisant passer pour "un criminel" qui refuse de se repentir en continuant de semer la mort en Côte d’Ivoire.
2° Réduire au silence les partisans de Laurent Gbagbo.
3° Dresser l’ONUCI contre le FPI
La méthode utilisée est celle que M. Ouattara et ses alliés ont déjà utilisée durant la crise postélectorale.
D’abord la diabolisation de Laurent Gbagbo et ses partisans par les ONG et les médias aux ordres.
Ensuite l’exécution de la phase du crime de sang imputé à Laurent Gbagbo et ses partisans. A Abobo pendant la crise les images des femmes prétendument assassinées par Gbagbo ont été brandies dans les médias. Cette fois ce sont des casques bleus qui ont été sacrifiés à la mise en scène de M. Ouattara à l’Ouest.
Troisième et dernière phase, l’extermination des pro-Gbagbo qui a déjà commencé à l’Ouest et qu’on envisage de poursuivre avec la dissolution du FPI et sa décapitation programmée, tout cela sans en aucun moment, pendant la crise comme aujourd’hui aucune enquête sérieuse et crédible n’ait été mise en œuvre.
Nous sommes aujourd’hui à cette à cette phase, que le FPI avait vu venir deux mois plus tôt. L’audience de Laurent Gbagbo avait été reportée au 13 août une semaine avant cette audience, le 04 août des crimes sont commis dans des casernes et commissariats de police. Le FPI est aussitôt de nouveau accusé. Plus grave il est cette fois criminalisé par des proches de Soro Guillaume qui l’assimile à une organisation terroriste et invite l’Etat ivoirien, le peuple ivoirien et la communauté internationale à se mettre ensemble pour éradiquer le fléau FPI. Un véritable appel au meurtre.
C’est le même scénario qui est utilisé sauf que cette fois la thèse de l’accusation facile du FPI se révèle très peu crédible pour nombre d’observateurs de la vie politique ivoirienne.
C’est d’abord l’hebdomadaire Jeune Afrique qu’on ne peut soupçonner d’être pro Gbagbo, qui contredit le gouvernement ivoirien.
Selon plusieurs sources militaires de haut rang, les assaillants étaient au nombre d’une centaine, vêtus en treillis ou en civils et circulant à bord d’une dizaine de pick-up. Ils ont fait irruption simultanément aux entrées principale et annexe de la caserne aux environs de 3 heures 30 GMT, lundi matin. Dès son entrée, le commando a abattu les cinq sentinelles en faction au poste de contrôle.
« C’est curieux, les assaillants semblaient connaître le secteur. Ils n’ont pas emporté les armes plus lourdes qui étaient stockées, notamment les obus de mortiers. Ils se sont contentés des Kalachnilovs comme s’ils voulaient délivrer un message », commente une source haut placée, proche du ministère délégué à la Défense.
Après son forfait, durant lequel il n’a rencontré presque aucune opposition, le commando prend tranquillement l’axe Abidjan-Bingerville et s’évapore dans la nature. C’est seulement à 5 heures du matin que les hommes de la garde républicaine du commandant en second, Issiaka Wattara, alias « Wattao », arrivent sur le terrain. Mais les agresseurs sont déjà loin. Et le ratissage intensif de la zone ne donne rien.
Dans la matinée, plusieurs autres unités des anciens chefs de guerre de l’ex-rébellion des Forces nouvelles (FN), aujourd’hui intégrés au sein de l’armée nationale, rallient la caserne d’Akouédo. Le fait est que la Côte d’Ivoire qui n’a véritablement pas une armée nationale digne de ce nom, fonctionne depuis seize (16) mois avec un système sécuritaire qui repose essentiellement sur les 3000 à 4000 ex-rebelles membres des FRCI (qui sont sur le papier 55 000 hommes), ainsi que sur environ 40 000 dozos, chasseurs traditionnels venus du Nord, et sur quelque 110 000 supplétifs non encore démobilisés ni désarmés. Pour les milieux diplomatiques d’Abidjan, c’est d’ailleurs de ce côté qu’il faut chercher. « L’attaque ressemble bien à une action de supplétifs FRCI qui n’ont toujours pas été pris en compte par le pouvoir. C’est une sorte de signal qu’ils donnent au gouvernement pour accélérer la réforme du système de sécurité et de l’armée (RSSA), en panne depuis plusieurs mois », affirme un diplomate européen.
Autre détail troublant : « les assaillants ont bénéficié de complicités internes au camp, confie Paul Koffi Koffi à Jeune Afrique.
Toute la vérité est contenue dans cet agencement de faits et de questions. Guillaume Soro pourtant président de l’Assemblée nationale, donc loin de l’exécutif affirme sur son "twiter" avoir été informé de l’attaque du camp d’Akouedo au moment où elle s’est produite autour de trois (03) heures du matin. Et c’est seulement à cinq (05) heures du matin que l’un de ses ex com-zones Wattao arrive sur le terrain. Mais les agresseurs sont déjà loin. Pourquoi avoir attendu deux (02) heures avant d’intervenir ? Le temps que les agresseurs se servent tranquillement en armes et disparaissent dans la nature ? Qui a intérêt à avoir la main mise sur le système de défense, dont il avait été écarté, alors que la CPI envisage sérieusement son transfert, lui et ses hommes à la Haye ? Qui a intérêt à mettre en difficulté le régime pour empêcher son transfèrement ? Qui a intérêt à donner des signaux forts au clan Ouattara pour le dissuader de s’engager dans cette voie qui serait suicidaire pour le régime ? Qui veut se payer une impunité en conduisant tous les sécurocrates du régime à lui faire allégeance dans la conduite de la défense nationale ? Qui s’organise déjà pour prendre et exercer le pouvoir d’Etat en 2020 ? Si ce n’est maintenant ? La réponse à tout ce questionnement nous conduit au cœur de l’imbroglio politique ivoirien.
L’acharnement de certains lieutenants à criminaliser le FPI procède sans aucun doute de cette réalité là. La meilleure défense étant l’attaque. La criminalisation du FPI est une diversion machiavélique qui, tout en conduisant à l’affaiblissement du FPI par sa décapitation, ouvre la voie à l’assouvissement de noirs desseins présidentiels que l’on tente maladroitement de masquer. Mais cela ne se fera pas sur la dépouille du Front Populaire Ivoirien.
Le FPI dénoncera toutes les perfidies d’où qu’elles viennent pour reconquérir le pouvoir d’Etat par la voie des urnes, et nul ne peut en détourner ses militants et dirigeants. C’est pourquoi il importe à présent de prendre à témoin l’opinion nationale et internationale sur les méthodes mafieuses utilisées pour réduire le FPI au silence.
II- Ce qui se passe dépasse l’entendement
En étudiant de façon rétrospective la facilité avec laquelle les FRCI et dozo ont investi les domiciles des militants LMP entre avril et juin 2011, nous nous sommes rendu compte que plusieurs mois avant la crise post-électorale, le camp Ouattara avait identifié et fiché soigneusement tous les pro-Gbagbo. Jusqu’à aujourd’hui, c’est cette cartographie établie de sang froid qui sert de guide au RDR dans sa politique de « dératisation politique » du pays par « l’éradication » du FPI. De Touleupleu à Bondoukou en passant par Duékoué, Daloa, Abidjan-Yopougon, Dabou, Adzopé, Agboville, Grand-Lahou, San-Pedro, Soubré, Divo, Lakota, Sinfra, Gagnoa, Madinani, etc, les enlèvements et autres exactions se comptent par centaines. Au cours de ces opérations qui défraient la chronique et meublent les rapports de nombre d’organisations de défense des droits de l’homme, les actes posés sont invariablement les mêmes : bastonnades, extorsions de biens et d’argent, tortures pour arracher des aveux destinés à accréditer la thèse du complot FPI contre Ouattara, ou à obliger les pro-Gbagbo ou LMP à démissionner du FPI, procédures judiciaires expéditives assorties de chefs d’accusation farfelues.
Comme on voit, les faits n’ont pas démenti les prédictions de la communauté internationale selon lesquelles le régime Ouattara risque sa crédibilité s’il se place dans une logique répressive vis-à-vis de son Opposition. Ce n’est pas tout. Les dozo et FRCI utilisent d’autres procédés tels que la profanation de sépultures, la taxation des travaux agricoles et des veillées funèbres ainsi que l’atteinte à la pudeur. A titre illustratif et concernant ce dernier chapitre, signalons qu’« à Gabiagui, [localité située à 40 km de San-Pédro], pour obliger un chef Gouro, taxé de pro-Gbagbo, et qui avait pris la fuite, à se rendre, des FRCI ont mis sa fille, mariée à une autorité de la ville, nue, sur la place publique. Ce n’est que quand le père s’est rendu qu’elle a été autorisée à se rhabiller. Peu de temps après, des individus ont approché la famille du chef pour obtenir sa libération contre une rançon de 1 million de CFA. Saisie de l’affaire, l’ONUCI aurait entendu la fille. Aux dernières nouvelles, le chef aurait été déporté à Abidjan. Ce qui n’a pas empêché les FRCI de traquer les gens de sa tribu qui, pour beaucoup, ont décidé de regagner leurs zones d’origine » (LG Infos, N°228 du 27 août 2012, p. 2). Bilan provisoire ou conséquences de ces traitements inhumains et dégradants : plus d’un millier de militants LMP croupissent dans les geôles et autres camps de torture du régime ; plus de 200 tués, près de 3000 déplacés internes, hommes, femmes et enfants en cette période de rentrée scolaire et universitaire. Autrement dit, et pour paraphraser la CNDHCI, la situation sécuritaire a empiré depuis le 11 avril 2011, au lieu de s’améliorer. A qui la faute ? Assurément pas celle du Front Populaire Ivoirien. Ces pratiques ne sont ni de sa nature encore moins de ses méthodes
Le FPI, n’en déplaise à ses adversaires, n’est pas un parti violent. Il est le premier parti à avoir clairement décliné son identité dans son projet de société: « Fonder une Nation Africaine démocratique et Socialiste en Côte d’Ivoire », paru aux Editions L’Harmattan en 1997. Source d’informationpour nos adversaires qui veulent nous juger et nous combattre comme pour nos militants qui entendent comprendre pour avancer ; source d’inspirationpour inventer de nouveaux langages et de nouvelles pratiques ; et source de réflexion en termes de critique, d’auto-critique et d’amélioration, notre projet de société dit très clairement que le FPI a opté pour le socialisme démocratique. Cette voie lui impose un choix tout aussi clair en matière d’identité culturelle, de gouvernance politique, de conception de la Nation, de coopération internationale.
Le socialisme démocratique est la doctrine qui exclut la violence comme moyen d’accès au pouvoir d’Etat ; c’est la doctrine qui estime suffisantes les réformes économiques, c’est la doctrine des modérés contre la doctrine des radicaux du début du XXè siècle. Le socialisme démocratique nous apparaît comme l’essence même du socialisme sous toutes ses formes : un excellent outil d’analyse et de gestion stratégique étant donné le contexte que traversent nos sociétés pluriethniques, pluriraciales et pluriconfessionnelles. Le socialisme démocratique est une révolution culturelle, une révolution symbolique c’est-à-dire, sans les kalachs que l’on brandit pour prendre ou conserver le pouvoir d’Etat.
Monsieur Ouattara qui a bénéficié de nombreux soutiens extérieurs dans son combat contre ce qu’on nomme la politique d’exclusion ivoiritaires, pratique aujourd’hui ce qu’il a combattu hier. En effet, il avoue que les privilèges qu’il accorde aux Nordistes constituent « un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40 % de la population, étaient exclues des postes de responsabilité. S'agissant des hauts cadres de l'armée, j'ai eu à négocier avec les officiers des ex-Forces Nouvelles [FN, ancienne rébellion nordiste], qui voulaient tous les postes. Et j'ai réussi à imposer cet équilibre dans la hiérarchie militaire, jusqu'au niveau de commandement : le n°1 issu des FN, flanqué d'un n°2 venu de l'ancienne armée régulière. Tous grades confondus, il y a 12 % de Nordistes dans la police, 15 % dans la gendarmerie et 40 % environ dans l'armée... Sur ce terrain-là, on ne peut rien me reprocher ».
C’est donc au nom de cette épuration politico-ethnique, que l’Administration ivoirienne, l’Armée, la Police, la Douane, le Trésor Public, l’Economie, etc., appartiennent exclusivement aux pro-Ouattara. C’est au nom du rattrapage que des centaines de milliers d’Ivoiriens ont été licenciés des entreprises publiques et parapubliques, au profit du camp des vainqueurs. C’est au nom de ce même principe d’exclusion que l’appareil judiciaire est devenu une justice des vainqueurs ; c’est cette volonté hégémonique qui explique et justifie le caractère quasi monolithique et monoethnique de l’Assemblée Nationale, avec une majorité confortable RDR issue du Nord, une région qui représente à peine 26% de la population nationale ; c’est au nom de ce rattrapage que plus de 300 journalistes présumés pro-Gbagbo ont été licenciés au profit de dizaines de pro-Ouattara qui font de la RTI une tribune à voix unique, provoquant un recul spectaculaire en matière de pluralité d’opinion ; c’est au nom de ce rattrapage que récemment 200 wê ont été massacrés dans leur camp de réfugiés à Nahibly ; c’est au nom du rattrapage ethnique que la confrérie dozo, une communauté de chasseurs traditionnels issus du Nord, a été intégrés dans l’armée Nationale, en violation de la Constitution.
C’est au nom du rattrapage ethnique que le Président de la République, Chef de l’Etat, continue de présider aux destinées du RDR, son parti, en violation de la même loi fondamentale. C’est au nom du rattrapage ethnique que, malgré les conclusions de la Commission Nationale d’Enquête (CNE) accusant les FRCI d’avoir perpétré plus de 726 exécutions sommaires entre mai et décembre 2011, bénéficient toujours d’une impunité de la part du gouvernement Ouattara. C’est enfin au nom du rattrapage et de la politique d’épuration ethnique que l’on crée aujourd’hui une police universitaire, là où, du temps de parti unique, en contexte de Guerre-Froide, Félix Houphouët-Boigny n’a pas osé créer une police PDCI-RDA à l’Université d’Abidjan.
Le FPI a compris, tout compris. Et c’est pourquoi il se tourne vers ceux qui peuvent l’écouter et prendre en compte son soupir de douleur et d’indignation.
III- Que faire pour enrayer la dictature du RDR ?
Le FPI, conscient de son devoir devant l’histoire et l’Afrique est demandeur du dialogue et lance un appel pressant aux décideurs internationaux qui jusqu’ici n’ont ménagé aucun effort pour faire de la Côte d’Ivoire une démocratie exemplaire après Laurent Gbagbo présenté comme un dictateur, afin qu’ils œuvrent aux meilleurs conditions d’un retour à une vie politique normale. Je pense au Conseil de Sécurité de l’ONU, à l’Union Africaine, à l’Union Européenne, aux USA, à la France, à la Grande-Bretagne, au Canada, à la Chine et à la Russie. Je pense à l’UNESCO, à l’OIF, à l’UNICEF, à la Banque Mondiale, au FMI et à l’UNDPA. J’en appel à leur sens de la justice et de solidarité aux côtés des opprimés, l’ONU étant un héritage des consciences indignées par les horreurs de la Deuxième Guerre Mondiale. Je pense, au plan interne, aux forces politiques qui un moment donné, ont cru que le RDR d’Alassane Ouattara était capable de mettre en pratique son programme « vivre ensemble », aux leaders religieux, musulmans et chrétiens, dont les fidèles traversent la plus grande tragédie de l’histoire de la Côte d’Ivoire indépendante. Je pense à la société civile, notamment les organisations de défense des droits de l’homme : la Côte d’Ivoire brûle et il urge qu’on éloigne le péril dont la CDVR indique, à raison, qu’il guette la Nation.
Conclusion
M. Alassane Ouattara est devenu un problème pour la Côte d’Ivoire, les Ivoiriens et la sous-région Ouest-africaine. A coups de propagande, il a été trop tôt considéré comme un leader policé et un démocrate-né. Il est aujourd’hui au pied du mur, montrant le contraire de ce qui a été dit, ressassé sur lui au cours des 20 dernières années. En effet, le démocrate présumé ne veut pas d’Opposition, d’où le harcèlement des dirigeants du FPI, des journalistes, des Intellectuels LMP ; d’où la confiscation des libertés démocratiques à travers la répression des meetings du FPI. Peuvent en témoigner l’ONU, les USA, la France. Voici d’ailleurs la liste des droits fondamentaux violés à longueur de journées par le régime Ouattara :
- violation des droits économiques ;
- violation des libertés publiques ;
- violation du droit à l’intégrité physique et morale ;
- atteinte à la vie et aux symboles ;
- violation des droits sociaux.
A plusieurs reprises, il a été demandé à M. Ouattara de se défaire des dozo, une armée issue de sa communauté ethnique de référence, il ne le peut pas parce qu’il ne maîtrise pas aujourd’hui les hommes qui l’ont aidé à prendre le pouvoir en avril 2011. Pour justifier son échec, il est obligé d’incriminer le FPI pourtant fragilisé et donc sans armes matérielles mais qui dispose d’armes symboliques redoutables telle que la force et la pertinence de ses arguments politiques. C’est sur la base de cette armada symbolique que nous disons, demain, nous reviendrons au pouvoir, sachant qu’en cas d’élections transparentes et équitables, nous battrons le RHDP à plate couture. En effet, la vague de répression a eu depuis, des conséquences sur la vie de pro-Gbagbo certes, mais aussi sur les pro-Ouattara et des milliers de personnes neutres qui se rendent compte qu’en fait, « Gbagbo valait mieux » : "Gbagbo ka fissa".
Le FPI n’est pas un parti violent ; le parti violent qui entend cacher sa vraie nature, c’est bien le RDR. Ce dernier est de plus en plus démasqué ; cela le pousse à poser des actes désespérés : situation de fin de course ou de fin de carrière ? En tous les c’est le "Bori bana"
Mesdames et messieurs,
Avant de clore mon propos vous me permettrez de remercier très sincèrement, au nom du FPI, la police de l’ONUCI qui a accepté de sécuriser nos rencontres pour empêcher les agressions dont nous sommes l’objet.
Merci à tous pour votre aimable attention.
Fait à Abidjan, le 30 août 2012
Le Président par intérim du FPI
MIAKA Ouretto
Wednesday, August 22, 2012
Les abus des droits de l'homme sous ADO
Exaction des FRCI sur la population d'Alepe
Partie 1
Partie 2
Partie 3
Partie 4
Monday, August 20, 2012
Celui ci a droit a la justice.
C'est l'abondance des violations des droits des l'homme qui cree les revoltes, et les rebellions. Un etat de droit respecte le droit de l'individu, meme si on ne l'aime pas.Thursday, August 16, 2012
Lu pour vous sur http://www.cotedivoire-lavraie.fr/
TAÏ, Abengourou, Akouedo, Agboville, Dabou, Jacqueville, etc... qui attaque? Qui sont-ils? Un coin de voile vient d’être levé...
Nous venons de recevoir un message qui semble etre la revendication des attaques ciblées de ces jours contre les FRCI. Ce message publié par le site infodabidjan.net, nous vous le proposons dans son intégralité pour votre droit à l’information.
Message de la révolution populaire ivoirienne.
Ivoiriennes, Ivoiriens, frères et soeurs des communautés étrangères vivant en Côte d’Ivoire, voilà plus de dix (10) ans que la Côte d’Ivoire notre héritage commun est dans la tourmente. Attaquée dans la nuit du 18 au 19 septembre 2002, ses fils ont placé leur espoir dans l’élection présidentielle d’octobre et de novembre 2010 pour la sortir des spirales de la violence et réparer les meurtrissures causées par la guerre.
Malheureusement, le contentieux électoral fut mal traité. Les voies de résolution imposées par la communauté internationale au détriment de la volonté réelle du peuple de Côte d’Ivoire n’ont pas suffi à créer le cadre de paix et de cohésion tant souhaité par les Ivoiriens.
Depuis l’arrivée de M. Ouattara au pouvoir en effet, la fracture sociale dans le pays n'a cessé de croitre jusqu'à atteindre un seuil d'alarme jamais frôlé auparavant. Le quotidien des populations ne se résumant désormais que par des maux tels que : insécurité, justice des vainqueurs, pauvreté et division.
De fait, le régime de Ouattara oppose le nord du pays au sud, les ethnies sont dressées les unes contre les autres. Tous les jours les familles assistent à des arrestations arbitraires, des enlèvements, des assassinats par les Forces Républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) appuyées par leurs supplétifs dozos. L’oppression et la répression des populations civiles, ainsi que des actes de tortures et de viols s’accumulent sous le regard complice des gouvernants.
Le régime actuel plutôt que rechercher les conditions devant aboutir à la réconciliation des filles et fils du pays au lendemain de la plus grave crise militaro-politique qu'ait connue le pays, exerce son pouvoir comme dans une situation de belligérance permanente où l'élimination d’un ennemi devient une priorité de gouvernance.
La situation d’instabilité permanente qui plane sur la tête de chaque ivoirien comme une épée de Damoclès est la conséquence de la crise de confiance née entre gouvernants et gouvernés.
Aujourd’hui, nos inquiétudes et nos souffrances ont atteint leur paroxysme. C’est pourquoi nous avons décidé de prendre nos responsabilités de peur d’être confronté à un chaos irréversible. Il faut que Ouattara parte. Tel est l’objet de notre lutte. C’est le lieu d’inviter les forces impartiales présentes sur notre territoire à demeurer dans une posture de neutralité. Ce combat, est une bataille ivoiro-ivoirienne et ne saurait être dirigé contre elles.
Ivoiriens, ivoiriennes, étrangers vivant sur le sol ivoirien, il nous faut retrouver cette Côte d’ivoire de paix, où il fait bon vivre, où tous ses fils et filles, du nord au sud, de l’est à l’ouest, sont réconciliés. Ivoirien, Ivoirienne, jeune, femme, homme, épris de vérité et de justice, cette lutte est la tienne.
Où que tu sois, quoi que tu fasses, toi qui as attendu patiemment la réalisation de la parole de l’Eternel dans ta vie, dans la vie de ta nation, celle-ci est à son accomplissement. Sois en un instrument puissant. Comme David, le temps est venu pour toi de restaurer ton honneur et ta dignité bafoués, ta liberté confisquée. Rejoins-nous dans la rue jusqu’au départ effectif de Ouattara.
DIEU NOUS BENISSE ET BENISSE LA CÔTE D’IVOIRE.
POUR LA REVOLUTION POPULAIRE IVOIRIENNE
LE PORTE-PAROLE
COULIBALY DRISSA
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